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    L’histoire d’un atelier familial en Toscane : rencontre avec Ilaria

    Nous sommes en 1972, à Sienne, au cœur de la région toscane en Italie. Un jeune homme de 24 ans ouvre un petit atelier de fabrication de chaussures : la Calzaturificio Il Palio. Avec une petite équipe d’artisans, il développe des techniques, des savoir-faire et une expertise des matières. Les années passent et très vite ils fabriquent ensemble des chaussures pour des Maisons du monde entier.

     

    Près de cinquante ans plus tard, sa fille Ilaria se souvient : « Tous les étés à partir de mes quatorze ans, je travaillais avec mon père à l’usine, j’étais sur la chaîne, la mano via. Mon petit frère a huit ans de moins que moi. Pendant qu’on travaillait, il prenait son vélo dans l’usine et allait et venait en riant entre les machines. On a tous les deux grandi dans cet atelier ! »

     

    Avec leur père, Ilaria et son frère Matteo apprennent toutes les étapes de fabrication d’une chaussure. Ils apprennent à reconnaître les différents types de cuir, à les couper, à les monter à la main.

     

    A l’âge de 26 ans, Ilaria reprend les rênes de l’entreprise et lui donne son nom. Matteo fait une école de modéliste à Milan et la rejoint quelques années plus tard. « Au départ, les ouvriers de l’usine étaient peu nombreux, mais fabriquaient de grandes quantités de chaussures. En grandissant, nous nous sommes spécialisés dans la chaussure haut de gamme et avons commencé à travailler avec de grandes Maisons de couture en France et en Italie. »

     

    Aujourd’hui, le père, le fils et la fille travaillent toujours ensemble. Matteo fait tous les échantillons, son père gère la production. Ilaria, quant à elle, est en charge de l’administratif et du commercial.

     

    Quarante-cinq personnes travaillent dans l’usine avec eux. Les ouvriers sont formés en interne et entretiennent le savoir-faire familial. Ilaria raconte avec émotion : « Cette année, cela fait vingt-cinq ans que l’usine s’appelle Ilaria. Certains ouvriers sont là depuis vingt-cinq ans, d’autres étaient même déjà là avant. » « Les techniques ont évolué, on a des machines performantes, mais tout est majoritairement fait à la main. Les machines ne travaillent pas toutes seules, il faut placer la chaussure, choisir la forme de la pointe… c’est tout un savoir-faire ! »

     

    Toutes les chaussures de La ligne Numérotée sont dessinées en France par Charlotte, notre designer, puis fabriquées en Italie dans l’atelier d’Ilaria : « Charlotte fait ses dessins et nous trouvons ensemble des solutions pour les réaliser. Mon frère travaille avec une modéliste, Rachel, pour faire le patron de chaque édition. Ensuite nous coupons les peaux et nous confions la pique à trois femmes qui créent les prototypes et les échantillons. En général, quand les prototypes sont validés, nous travaillons avec d’autres usines pour les produire dans de plus grandes quantités. Pour La ligne Numérotée, tout peut être fait en interne. »

     

    Nous entretenons avec Ilaria et sa famille un rapport de confiance, d’échanges, de bienveillance et de compréhension mutuelle. C’est ce qui nous permet de produire avec elle des chaussures en petites quantités et nous les en remercions.

     

    Quand nous lui demandons quelle est sa chaussure préférée, Ilaria répond sans hésiter : « Pour le soir, c’est la N.001, elle est sexy et très élégante. Celle que j’aimerais porter au quotidien, c’est la bottine N.002. »